4.0 out of 5.0 stars


Du haut de ses 25 ans, le kid Willie J Healey est de retour avec « Twin Heavy », un second album planant à souhait qui allie rock psychédélique et ballade folk.

On l’avait découvert avec l’aérien « Subterraneans », first track et véritable hit de l’album « People and their dogs » (2017). Un premier opus plein de promesses où l’on découvrait tout le talent d’auteur-compositeur du natif d’Oxford.

« J’ai l’impression que lorsque je fais des compromis sur ma musique, je finis toujours par le regretter. »

Neuf jours ! C’est le temps qu’il a fallu à Healey pour enregistrer les douze titres de ce nouvel album aux côtés du producteur Loren Humphrey (Florence And The Machine, The Last Shadow Puppets, Artic Monkeys, Tame Impala). Exit Colombia Record, où l’artiste semblait muselé dans sa créativité. On reconnaît dans « Twin Heavy » un son et un process à la « sauce old school » assumée.

« J’écoute beaucoup de trucs plus anciens, comme des disques de rock et de country des années soixante-dix.»

Impossible de ne pas penser au Beatles avec le titre « Heavy Traffic » aux accents pop entrainants ou au mythique album Sergent Pepper à l’écoute de « Thousand Reasons », morceau à la tonalité plus symphonique mêlant piano et violons. « Big Nothing » apporte une touche mélancolique faisant penser à la folk tortueuse d’Eliott Smith. Certes, ça sent bon les seventies, mais l’anglais parvient à apporter une touche de modernité comme avec le titre « Condo », mélangeant génialement les époques et les styles.

« Quand je suis à la maison ou dans le garage, je suis dans mon petit univers, et il n’y a personne pour me sortir de ma bulle créative. »

Healey nous avait habitué à un rock plus incisif, sorti des entrailles de son garage… On regrettera peut-être les riffs de guitare endiablés présents sur le premier album, « People and their dogs », à l’image de l’électrique « My Room » ou du punk « Love Her », plus juvéniles et insouciants. Changement d’ambiance donc, on saute moins au plafond, mais on apprécie toujours autant son sens de la mélodie précise, incisive, entêtante. Difficile de ne pas taper du pied !
« You’re gonna be a big star, honey » (Fashun), c’est bien là tout le mal que l’on souhaite à Willie J Healey ! On trouve une certaine maturité et une nostalgie dans cet album lancinant qui nous parle d’amours de jeunesse et de « small town life ». Le kid confirme et réveille l’adolescent qui sommeille en nous, obsessionnel et créatif, on en redemande !

Willie J Healey, « Twin Heavy »,
YALA Records
7 août 2020

Interview tirée du numéro d’août de Dork Magazine

Comments

  • Matthieu M

    7 octobre 2020 à 2h54

    Ça donne bien envie de découvrir cet artiste !

    Répondre

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