Voici quatre ans que Rob Stewart s’en est allé, le 31 janvier 2017. Réalisateur et grand passionné au côté d’une espèce animale redoutée et ayant une mauvaise image : les requins. Portrait d’un homme, d’un héros ayant changé l’image de ces animaux.

Rob Stewart, de son vrai nom Robert Brian Stewart était un photographe animalier, cinéaste canadien ainsi que spécialiste des requins. Il est né le 28 décembre 1979 à Toronto, au Canada et décédé le 31 janvier 2017 dans l’archipel des Keys en Floride.
Alors qu’il était enfant, Rob s’adonnait à la pêche sportive mais, un événement à changer sa vision du monde.

Les origines d'une lutte

Alors qu’il avait 9 ans, il fit la rencontre d’un requin renard dans les Îles Caïman. Rob fut terrifié, mais également stupéfait de voir que l’animal ne l’avait pas attaqué. Suite à cet événement, il va consacrer toute sa vie à défendre ces animaux. Rob Stewart a commencé à photographier sous l’eau dès l’âge de 13 ans. À 18 ans, il obtiendra sa licence en biologie à l’université de l’Ontario située au Canada, il a étudié au Kenya et en Jamaïque puis deviendra instructeur en plongée. Durant 4 ans, Rob Stewart travaillera en tant que photographe animalier pour les magazines du Canadian Wildlife federation. Il prendra plus de 15000 photos. Ses travaux seront également publiés dans les chaînes ABC, magazine géo et Discovery Channel.

La grande passion et le combat de Stewart

Lors d’une expédition dans les îles Galapagos pour photographier des requins, il a découvert l’horreur : des massacres illégaux de requins pour leurs ailerons. C’est alors que son idée de faire un film pour sensibiliser le public à la protection des requins, naît.
À 22 ans il laissera donc son métier de photographe animalier et débuta le tournage du film dans douze différents pays et durant cinq ans. En 2006, son premier film sort enfin : Sharkwater (Les seigneurs de la mer). Le film à été un énorme succès, il a été le documentaire le plus primé de l’année 2006, il a remporté 40 prix (dont 31 internationaux).

 

Le film a forgé et inspiré de nombreux groupes de conservation des requins. Notamment Finfee, auquel Rob Stewart était membre fondateur. Ce film est vu comme l’origine du mouvement de protection des requins. Il dénonce la pratique du shark-finning, consistant à massacrer les squales pour leurs ailerons.

Un cinéaste militant et révolutionnaire

Il a ensuite sorti un second film en 2012 : Revolution, qui fut encore une fois, un énorme succès (19 prix). Le tournage a duré 4 ans et Rob Stewart s’est rendu dans quinze pays différents. À travers ce film, le réalisateur nous explique que l’être humain est en danger, que seul les évolutions de la vie ainsi que les révolutions humaines permettront de sauver le monde.

 

C’est en 2016 que Rob Stewart décide de donner une suite à son premier film SharkWater. En effet, le premier film de Rob Stewart a su mettre en lumière le problème dévastateur du shark-finning . Avec son succès, le film a permis que modifier certaines lois, certaines opinions politiques publiques dans le monde entier, créant des centaines de groupes de sensibilisation. Depuis, plus de 90 pays ont interdit ces actes de barbarie commis sur les requins, ainsi que le commerce de produits à base de requin. Malgré tout cela, Rob Stewart avait constaté que les requins sont toujours en voie d’extinction. C’est pour cela que Rob décide de continuer son combat avec, son troisième film présenté sous le titre de SharkWater Extinction.

Affiche du film SharkWater Extinction réalisé par Rob Stewart. 2018.

Une disparition sous les eaux

Pour le tournage de son troisième film SharkWater Extinction, Rob Stewart et son équipe partent à travers le monde notamment l’Espagne, l’Afrique de l’Ouest, le Panama, le Costa Rica, le Canada, et même la France ! Le troisième film devait faire plonger le public dans le monde sous-marin de la pêche illégale de requins. Ce film devait mettre au jour l’industrie massive et illégale d’ailerons de requins, mais également du commerce et des produits issus de ces animaux. Cette industrie, favorisant le massacre de ces animaux, pèse plusieurs milliards de dollars et a su souvent s’allier au monde politique grâce à la corruption.

 

Ce film est une sorte de testament écologique, puisque Rob Stewart trouvera la mort lors d’une plongée en mer dans l’archipel des Keys en Florie durant le tournage, le 31 janvier 2017. D’abord porté disparu, son corps fut retrouvé le 3 février. La cause de la mort de Rob Stewart reste un mystère, privilégiant la cause de l’accident suite à l’utilisation risquée de son matériel de plongée.

À la mémoire de Rob

Malgré le décès soudain du jeune réalisateur, afin de respecter la mémoire et le combat de Rob Stewart, ses proches décident de ne pas arrêter le tournage du film. Le film, initialement prévu pour courant 2017 a été temporairement stoppé, le temps que les proches du réalisateur puissent récolter des fonds afin de terminer le film.

 

Finalement, le film récoltera les fonds nécessaires grâce à différents partisans, admirateurs, producteurs, donateurs et fidèles amis du réalisateur. SharkWater Extinction aura alors, sa première mondiale au TIFF (Toronto International Film Festival) en septembre 2018.

 

En France, il a fallu attendre septembre 2020 pour que Sharkwater Extinction, soit sélectionné pour être projeté en avant première à Paris pour la première édition du festival, le Paris Shark Fest. Un hommage a été offert à Rob sur scène, accepté par Bruno Chatelin (fondateur de filmfestivals.com) de la part du fondateur du festival Fabien Delage au Club de l’Etoile Cinéma dimanche 20 septembre 2020 lors de la cérémonie de clôture.

Prix du Paris Shark Fest à Rob Stewart.

Depuis décembre 2019, le dernier film de Rob Stewart est disponible sur Amazon Prime.
Malgré la tragique disparition de Rob Stewart, ses proches ainsi que ses admirateurs continuent de changer les choses. Entre temps, le Mozambique, La Floride, Taiwan ainsi que le Canada ont cessé certains commerces et/ou l’exportation de produits à base de produits issue des requins !

Rob Stewart était bien plus qu’un photographe, il était un conservateur, un militant et il est décédé en faisant ce qu’il aimait : filmer les requins afin de sensibiliser à leur protection.
Grâce à cet homme, considéré comme un héros, la perception de ces animaux a fondamentalement changé.

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