Le Père Noël constitue une véritable légende auprès des plus petits (mais aussi) chez les adultes. Quelques personnes pensent encore que c’est la marque Coca-Cola qui a donné vie au Père Noël avec son bonnet, son manteau rouge et blanc, ses bottes noires, sa longue barbe bien fournie blanche… Et bien non !

 

 

Les origines de cet homme datent bien plus loin que les années 30. La célèbre marque de soda n’est pas la seule à avoir modifié l’apparence du Père Noël, beaucoup de dessinateurs tels que Thomas Nast l’ont représenté ainsi. Le Père Noël a eu différentes « iconographies » à travers le temps et l’art. Pour tout comprendre, il faut remonter aux premières racines de ce personnage magique, distribuant des cadeaux au pied du sapin.

 

Quelles sont les origines du Père Noël ?

« Dès le Moyen Âge, saint Nicolas est représenté avec une grande barbe, une crosse d’évêque, une cape de couleur rouge et une mitre (le couvre-chef de l’évêque) », écrit Nadine Cretin, auteur de Histoire du Père Noël, publié aux éditions Le Pérégrinateur.

 

Le mythe puiserait sa source chez Saint Nicolas. Des similitudes sont présentes dans sa représentation symbolique: une barbe blanche, une cape rouge, voyageant sur le dos d’un âne (remplacé par le traineau tiré par des rennes pour le Père Noël).

En effet, Saint Nicolas, évêque de son vrai nom Nicolas de Myre, nait à Patara, dans le sud-ouest de l’Asie Mineure (actuelle Turquie) entre 250 et 270 ap. J.-C. L’Histoire se souvient de lui pour sa personnalité généreuse, lui prêtant légendes et miracles.

 

Il meurt le 6 décembre de l’an 345 suite aux persécutions subies sous l’Empire Romain perpétuées sur les catholiques. Le culte du Saint patron, protecteur et généreux se répand dès le VIe siècle en Europe par le biais des commerçants et des pèlerins, qui se rendaient en Terre Sainte. Il se diffuse dans le nord et l’est de la France, en Allemagne et en Europe centrale vers le XIIe siècle. Il se répand de manière générale à partir du XVe siècle.

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La légende St Nicolas et du Père Fouettard

La légende de Saint Nicolas va “conditionner” ce que le Père Noël va devenir. Dans l’Est de l’Europe, il est traditionnellement représenté sous les traits d’un évêque, assisté d’un serviteur inquiétant, le Père Fouettard portant le nom de Kris Kringle. Depuis le XIIe siècle, le Saint allait de maison en maison dans la nuit du 5 au 6 décembre pour vérifier si les enfants ont été sages. Si c’était le cas ils recevaient des cadeaux, des friandises, des oranges. Mais s’ils étaient désobéissants, ils recevaient des coups de fouet ainsi que du charbon par le compagnon de route du Saint: le Père-Fouettard. Le miracle le plus célèbre de Saint-Nicolas est connu dans des petits comme des grands puisqu’elle a même été retranscrite en chanson ! Celles des trois enfants, qui après avoir été découpés en morceaux par le boucher du village, furent ressuscités après 7 ans passés dans un saloir par Nicolas, qui tendit au-dessus trois doigts.

 

Malgré la réforme protestante du XVIe siècle qui supprima la célébration de Saint-Nicolas dans certains pays européens, Saint-Nicolas est systématiquement fêté en Hollande (nommé Sinter Klaas), en Alsace et en Belgique où l’on donne du pains d’épices, chocolats, massepains et oranges. Il est toujours commémoré aujourd’hui le 6 décembre, mais il petit à petit remplacé, par le personnage américain connu sous le nom de Santa Claus. C’est à partir de cet instant-là, la représentation de l’homme généreux distribuant des cadeaux, passe de Saint-Nicolas au Père Noël que l’on connait, en subissant quelques transformations vestimentaires et culturelles.

L'ajout des rennes et du traineau

Un conte de Noël pour les enfants fut rédigé par le pasteur américain Clement Clarke Moore en 1821 intitulé La nuit d’avant Noël  (The night before Christmas), dans lequel apparaît pour la première fois la description du traineau lancé par des rennes magiques du Père Noël. L’écrivain composa d’autres histoires dont La visite de Saint-Nicolas (A visit from St Nicholas), publié dans le journal new-yorkais Sentinel, le 23 décembre 1823.

 

Il évoque ici des lutins fabriquant et distribuant des cadeaux aux enfants, par la cheminée, dans une carriole tirée par 8 rennes répondant aux célèbres noms : Blitzen (Eclair), Dasher (Tornade), Dancer (Danseuse), Comet (Comète), Cupid (Cupidon), Donder (Tonnerre), Prancer (Fringant) et Vixen (Furie). Un neuvième renne fut rajouté en 1939 sous le prénom de Rudolf, chargé d’éclairer le chemin du Père Noël grâce à son nez légendaire « rouge lumineux ». Ce récit, traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier, conditionne encore aujourd’hui la vision du Père Noël auprès des enfants.

 

À noter qu’il semblerait que la légende de Saint-Nicolas, qui évolue en Père Noël a également des inspirations germaniques du Dieu Odin. Ce dernier était capable de voler dans les airs grâce à son cheval à huit pattes. Cela aurait inspiré le fameux traîneau, mais surtout le nombre des rennes.

Merry Old Santa Claus, Harper’s Weekly, 1er Janvier 1881 (@Pinterest)
L'évolution du Père Noël au XIXe siècle

Aux États-Unis, pendant le XIXe siècle, Saint-Nicolas arrivé via les colons hollandais est transformé en « vieux lutin [vêtu de rouge qui] s’envole au-dessus des arbres dans un chariot volant, transportant ses cadeaux aux enfants », écrit Washington Irving en 1809. Le pasteur Clement Clarke Moore décrira dans le poème Une visite de Saint-Nicolas : « le petit-vieux gaillard et ventripotent de St Nick », qui arrive avec un traineau tiré par huit rennes, descendant dans le conduit de la cheminée pour distribuer des cadeaux aux enfants. Il n’est plus vêtu comme un évêque, mais porte désormais un manteau de fourrure. Mais il faut attendre 1838 pour avoir la première représentation iconographique du Père Noël (encore appelé Saint-Nicolas ou St Nick). Le dessinateur Robert Weir l’illustre en costume rouge et blanc, grincheux et de petite taille.

 

Grâce à Moore, en 1863, une nouvelle iconographie de ce personnage voit le jour sous le crayon du dessinateur Thomas Nast. Il l’illustre dans la revue de New-York, Harpers’s Illustrated Weekly, dans un grand costume rouge garni de fourrure blanche, rehaussé d’une large ceinture noire. Il a bien l’apparence connu de nos jours avec son embonpoint, sa grande barbe blanche, son manteau rouge, accompagné de son traîneau et de ses rennes. Nast le présentera ainsi pendant 30 ans dans ce journal en personnage ventru et jovial. En 1885, l’illustrateur dessina le parcours de Santa Claus, installé au Pôle Nord. Il y officialise dès lors sa résidence. Un an plus tard, c’est l’écrivain Georges P. Webster qui précise, en corrélation avec les dessins de Nast, l’emplacement de la la fabrique de jouets et de la maison du Père Noël « cachées dans la glace et la neige du Pôle Nord ».

Les différentes représentations païennes

Contrairement aux États-Unis, L’Europe n’a pas encore une seule représentation de ce que peut être le Père Noël. Les figures païennes coexistent : « Father Christmas » en Angleterre, le Bonhomme Noël en France et Christ Kind en Allemange.

 

En Angleterre, une figure païenne existait dès le XVIIe. Inspirée du Dieu Odin et appelée « Old Father Christmas », « Sir Christmas » ou encore « Lord Christmas ». Il était représenté avec une longue cape verte, portant une couronne de fleurs, de lierre et de gui. Ce Père Noël-ci, symbolise l’arrivée prochaine du printemps ! Il ne distribuait pas de cadeaux, mais passait de maisons en maisons pour dîner et s’il était bien accueilli, il permettait de rendre les mois d’hiver moins rudes.

 

Le Bonhomme Noël ou Père Janvier était, en France, l’ancêtre du Père Noël. Vêtu d’un costume blanc et rouge, il était maigre et grondait les enfants qui n’auraient pas été sages. En Allemagne, la Réforme du moine Martin Luther a remplacé à partir le XVIe siècle, le Saint-Nicolas par Christ Kind qui n’est autre que Jésus sous l’apparence d’une jeune fille distribuant des cadeaux.

 

Ces différentes projections païennes de Père Noël, au fil du temps, se mélangent à celle du Saint Nick américain, présenté de plus en plus comme un vieillard joufflu, barbu en costume rouge et blanc. Le XXe siècle permet la conception du personnage et de l’iconographie du Père Noël moderne.

Peinture de Saint-Nicolas par Robert Weir en 1838 © Smithsonian American Art Museum
L'apport par Coca-Cola

Sur la demande de la firme américaine de Coca-Cola en 1931, qui souhaite vendre leur boisson en plein hiver pour les fêtes, le dessinateur Haddon Sunblom fait un coup de maître et représente le vieil homme à la renommée grandissante. Le Père Noël est ainsi illustré en vieux bonhomme enjoué, enveloppé dans son habit rouge rehausse de fourrure blanche, ses bottes noires, sa barbe blanche bien fournie et ses minces lunettes sur le nez, buvant du Coca-Cola afin de reprendre des forces lors de la distribution de cadeaux. Le dessinateur l’a habillé aux couleurs de la bouteille : rouge et blanc.

 

Cette nouvelle transformation, celle que l’on connait et toujours présente aujourd’hui est devenue « la marque » du Père Noël, le propulsant ainsi à la célébrité à travers le monde entier, traversant ainsi le temps, avec toujours la même magie dans le cœur des petits et grands.

 

Cette publicité incite les consommateurs, mais surtout les enfants, à consommer cette boisson sucrée froide en plein hiver, période où les ventes de l’entreprise sont maigres d’habitude. Jusqu’en 1964, les publicités de Haddon pour Coca-Cola mettent en scène cet homme joyeux distribuant les cadeaux auprès des enfants, ou encore de faire une pause pour boire la fameuse boisson. Désormais, chaque hiver, il devient l’ambassadeur de la marque (et cela continue encore puisque la publicité de cet hiver 2020 symbolise le Père Noël au volant d’un camion Coca-Cola déposant un père de famille devant chez lui afin de passer les fêtes avec sa fille). Coca-Cola immortalise donc la figure du Père Noël rondouillard, en rouge et blanc. Cette représentation s’impose en France dès les années 1950 avec l’essor des Grands Magasins parisiens, qui vont inciter à acheter des cadeaux pour les enfants pour le 25 décembre.

@CocaCola
Qu'en est-il aujourd'hui ?

Des critiques, toujours actuelles, considèrent que Noël est devenu à cause de la marque américaine, beaucoup trop commerciale, perdant ce qui est censé être l’essentiel pendant ces temps de fêtes : le partage de la magie de Noël. La nuit du 24 au 25 décembre n’est pas que la nuit où le Père Noël distribue les cadeaux aux enfants du monde entier.

C’est également la naissance de l’enfant Jésus Christ pour les catholiques. Pendant tout le XXe et XIe siècle, il a fallu s’approprier cette célébration de Noël, gardant l’image du Père Noël pour les enfants, tout en conciliant les fêtes religieuses.

 

Cette nuit-là n’est donc pas la même visée en fonction des personnes. Mais elle reste magique malgré tout, car quoiqu’il en soit, l’arrivée du Père Noël dans notre société renvoie à une symbolique un lien d’affection de l’attachement familial, du partage et des souvenirs d’enfance.

 

Grâce à ses représentations artistiques pour des publicités, la culture du Père Noël s’est développé à travers le temps. De Saint-Nicolas, en passant par des figures païennes, le Père Noël d’aujourd’hui distribue les cadeaux non plus le 6, mais dans la nuit du 24 au 25 décembre, à l’aide de son traineau magique tiré par 9 rennes. Ce mythe évolue au fil du temps, connaissant désormais un succès mondial.

 

 

Bien que dans certains pays, il n’existe aucune tradition de Noël, le personnage du Père Noël a réussi à s’y implanter grâce à sa popularité auprès des plus jeunes (et des moins jeunes !). Les éléments chrétiens et païens s’y mêlent, réunissant tous les ingrédients pour célébrer comme il se doit, le rassemblement, le partage et la figure du Père Noël, au sein de chaque foyer.

amelie_plumculture

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